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mercredi 7 septembre 2011

~ L’EURO - L’IMPASSE ~

La crise économique et financière qui secoue le monde constitue un grave sujet de préoccupation. En effet « la crise » est le produit de plusieurs dérèglements qui conjuguent et amplifient leurs effets dévastateurs sur toutes les grandes économies du monde. Sans entrer dans tous les détails d’une mécanique complexe et diabolique, il convient de noter les points suivants :

* La légèreté de l’administration américaine au regard des financements internationaux. Forts de la domination du dollar dans le commerce international (aujourd’hui encore 60% des échanges internationaux sont libellés en dollars) les États-Unis se sont installés dans des déficits permanents qui ont engendré une gigantesque bulle financière internationale avec un risque permanent d’explosion. Deux événements ont souligné la gravité de la situation : la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, et la dégradation de la note des Etats-Unis, le 5 août 2011, par l’agence Standard and Poors qui met en lumière les zones de fragilité de la puissance américaine.

* En Europe. La situation n’est pas meilleure. Naguère les eurocrates nous rabâchaient que l’euro permettrait de faire pièce au dollar. Constatons aujourd’hui que l’euro se comporte aussi mal que dollar. L’euro repose sur une somme accumulée de mensonges ; il ne peut amener que des déceptions.

Plusieurs plans de sauvegarde ont tenté de sauver des économies européennes au bord de la faillite. Sans résultat. Ces plans de sauvetage apportent au mieux un répit mais n’apportent pas vraiment de solution. Pour une raison simple. Avec l’euro, il n’y a pas de solution. Obliger la Grèce et le Portugal à utiliser la même monnaie que l’Allemagne était une ânerie ; l’ânerie demeure.

Les eurocrates ont bien conscience que les difficultés sont devenues insolubles. Mais pour des raisons politiques, il faut prolonger le système, au moins jusqu’à l’élection présidentielle française, au printemps 2012. Alors on invente de nouvelles machines infernales, le fédéralisme monétaire européen, la mutualisation des dettes au niveau de l’Union européenne. En clair, puisque des pays européens sont dans l’incapacité de payer leurs dettes, que d’autres les prennent en charge. Quels autres ? Ce n’est certainement pas la France qui est fort endettée elle-même. Alors c’est évidemment l’Allemagne qui est pratiquement le seul pays de la zone euro à accumuler des excédents. Certains reprennent la vieille antienne l’Allemagne paiera. Il y a toutefois un hic. C’est que les Allemands ne veulent plus payer. Ils l’ont signifié avec force, le 4 septembre, où le parti de Mme Merkel a reçu une cinglante défaite en Poméranie, le fief de la Chancelière. L’Allemagne n’est pas seule dans cette affaire. La Finlande notamment exprime le même refus. La vérité c’est que le système est dans l’impasse. Face à cette situation les marchés financiers s’effondrent.

Il faut se débarrasser aujourd’hui des fausses solutions que l’on prolonge indéfiniment, qui ne règlent rien mais amplifient les crises. L’Union Européenne ne protège pas les citoyens mais favorise la montée en puissance de la pauvreté. Le plan de rigueur lancé par le gouvernement ne rétablira pas notre économie mais n’apportera rien d’autres qu’une augmentation des impôts, en laissant perpétuer des dépenses inutiles et des gaspillages insensés.

Une grande crise ne peut se résoudre que par de grandes remises en cause. Il ne faut pas se payer de mots ou de projets chimériques. Un monde s’écroule, celui du système monétaire international et de l’Union Européenne qui avec vanité se prenait pour le grand phare d’une nouvelle civilisation. Il faut revenir aux réalités, c'est-à-dire sortir de l’impasse de l’euro en rétablissant la responsabilité des Etats pour trouves des solutions adaptées à chaque pays. Que les hommes politiques assument désormais leur responsabilité ; c’est pour l’heure ce qui manque le plus à la France.

mardi 16 août 2011

~ La crise - La tentation du pire ~

Ce qu’on appelle communément la crise est en fait la conjonction de plusieurs crises qui éclatent simultanément en plusieurs points du globe. Avec des économies largement mondialisées, les crises s’entretiennent mutuellement, ce qui rend leur règlement plus difficile. Mais il faut savoir sérier les problèmes. Les Etats-Unis sont confrontés à un réel problème d’équilibre de leurs finances publiques (ce qui n’est pas nouveau). Mais l’économie américaine a suffisamment de ressources et le dollar reste malgré tout suffisamment fort pour que les Etats-Unis s’en sortent sans trop de difficultés.

Le problème de la zone euro est beaucoup plus préoccupant. Les pays de la zone – l’Allemagne mise à part – sont asphyxiés par des déficits publics de plus en plus difficiles à combler du fait que leur économie est complètement anémiée par l’euro. On constatera d’ailleurs que la crise financière en Europe frappe presque exclusivement les pays de la zone euro. Personne ne parle de crise pour la Suisse, le Danemark, la Suède, la Norvège qui ont conservé leur monnaie nationale. Cette réalité met à nu le bobard de l’euro qui devait nous apporter la stabilité et la croissance.

Si la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal n’étaient pas dans la zone euro, ils pourraient s’en sortir par une dévaluation qui leur permettrait de remettre leur économie à un niveau compétitif. Enfermés dans la zone euro, ils n’ont d’autres solutions que d’attendre une aide massive venant des autres pays de la zone. Mais cette aide fragilise les pays donateurs qui sont eux-mêmes fortement endettés ce qui est le cas de la France. La mutualisation des dettes au niveau européen que d’aucuns présentent comme le remède est en réalité la pire car elle ébranle l’ensemble. La faiblesse des uns devient la faiblesse de tous.

Pour empêcher cette fragilisation, les tenants de la cause européenne préconisent une politique de rigueur. Certes, il est souhaitable que les finances publiques soient en équilibre. Ce serait possible pour la France si elle mettait un terme au gaspillage insensé des deniers publics dilapidés par des opérations douteuses et des causes stupides. Mais la rigueur en soi n’est pas une solution car elle accroît des problèmes qui n’ont nullement besoin de l’être, en particulier celui du chômage.

Bref au lieu des interminables palabres, nous avons besoin aujourd’hui d’une politique de redressement national conduite avec vigueur. Le nouveau gouvernement qui a pris la direction des affaires au mois de juin en Finlande à la suite des dernières élections législatives a pris des mesures pour remettre en ordre les comptes publics. Le traitement des ministres a été réduit de 5%. Exemple à méditer.

dimanche 24 juillet 2011

~ L’EURO OU LE MENSONGE PERMANENT ~

Après le sommet de Bruxelles (21 juillet 2011)

Après les accords de Munich, Daladier était persuadé que la paix était sauvée. On prête au roi Louis XV cette réflexion désabusée : «La bonne machine (il parlait du gouvernement) durera bien autant que nous ». Ces deux phrases illustrent bien le grand spectacle que vient de nous administrer Bruxelles, qui tient à la fois de la farce italienne et de l’opéra bouffe.

Au delà du charabia des discours officiels, retenons l’essentiel :

* La Grèce qui a déjà reçu, en 2010, 110 milliards d’euros de crédits publics par l’Union européenne et le FMI, se voit attribuer un nouveau concours de 158 milliards d’euros dont 109 milliards sur crédits publics, le reste étant financé par le secteur privé. La durée des prêts est considérablement allongée puisqu’elle peut être portée à 30 ans.

* Malgré cette impressionnante injection de crédits, les dirigeants européens ne sont pas vraiment convaincus que la Grèce réussisse à s’en sortir. Aussi admettent-ils que ce pays puisse être en défaut de paiement. En revanche le défaut de paiement n’est accepté que pour la Grèce seule car les dirigeants européens ne veulent pas qu’il puisse s’étendre à d’autres pays en difficulté, comme le Portugal ou l’Espagne.

* Les Français doivent s’attendre à plus d’austérité.

Cette mascarade qui est devenue une spécialité des sommets de Bruxelles néglige volontairement deux points essentiels :

* Si la zone euro se trouve aujourd’hui dans cette position périlleuse, c’est que son fonctionnement est impossible. Pour des raisons politiques, les gouvernements ne veulent pas le reconnaître. Alors on répare le tacot pour le prolonger au moins jusqu’au printemps 2012 qui est l’horizon indépassable de la classe politique française.

* Si les politiques pensent que la Grèce est un cas exceptionnel et qu’il est possible d’éviter sa contagion à d’autres pays, ils se trompent lourdement. Par ses rigidités, l’euro est un facteur de crise permanent.

L’euro a été construit sur le mensonge ; il devait apporter la stabilité et la croissance. L’euro se prolonge sur le mensonge ; on ne peut pas conjurer la crise de l’euro car l’euro n’est pas viable.

jeudi 30 juin 2011

~ L'euro, les politiques, la rue ~

La Grèce n’en peut plus de vivre le roman noir de l’euro. Avec légèreté sans doute, elle a cru aux promesses de la monnaie unique. L’euro devait apporter la croissance, le plein emploi, la stabilité des prix, etc. Pour bénéficier de cette croissance qui devait irriguer la zone euro, la Grèce s’est endettée. Elle n’est pas la seule. Tous les pays de la zone euro dépassent le seuil d’endettement de 60%du PNB qui avait été fixé par le traité de Maastricht : France 88%, Portugal 91%, Irlande 114% et même la vertueuse Allemagne 80%. La Grèce bat les records avec 152%.

Pourtant il serait injuste d’accuser la Grèce de toutes les turpitudes. Si elle a emprunté, c’est qu’elle a trouvé des prêteurs, et l’euro,et le discours officiel sur l’euro furent des causes permissive de l’endettement que l’on reproche aujourd’hui. Dans l’intense matraquage publicitaire qui marqua le passage à la monnaie unique, jamais il ne fut dit par les tenants de l’euro que cette monnaie unique pouvait aussi engendrer des crises et que l’euro par sa rigidité compliquerait la situation des pays qui se trouveraient en difficulté.

Aujourd’hui la monnaie unique craque. Les Grecs sont épuisés par les mesures d’austérité : hausse des impôts, suppression de 25% des emplois publics, chômage galopant, réduction des salaires et des rémunérations. Mais toutes ces mesures draconiennes n’ont guère d’effet. Les plans de rigueur entretiennent la crise sans permettre d’en sortir. Quant à l’Allemagne qui tire avec l’euro des excédents substantiels, elle est excédée d’être le principal banquier des pays en difficulté.

Si la zone euro n’existait pas, il est peu probable aujourd’hui – à la lumière de l’expérience – que les gouvernements européens prendraient la responsabilité de la faire. La lâcheté politique de nos gouvernements interdit aujourd’hui de revenir sur une construction insensée mais de valeur emblématique. Finalement, l’avenir de l’euro ne se joue plus chez les politiques mais dans la rue.

mercredi 4 mai 2011

~ L'euro, combien de temps? ~

Le problème aujourd’hui n’est plus de savoir s’il faut ou non sortir de l’euro. La vraie question est : combien de temps l’euro peut-il encore durer. ? Florin Aftalion, professeur émérite à l’Essec et dont la qualité des travaux est reconnue estime que cette fin est non seulement possible mais inéluctable(1).L’ensemble du système financier européen est obéré par une montagne de dettes. Ne seraient les aides accordées au sein de l’Union Européenne avec parfois le concours du FMI, certains Etats seraient tout simplement en situation de cessation de paiement. Mais les aides qui ne sont pas gratuites ne règlent pas les problèmes de fond mais au contraire les accentuent dans la mesure où elles accroissent les dettes d’Etats déjà en situation critique. Les coûts d’emprunt du Portugal se sont élevés à quelque 10%. Pour la Grèce c’est pire. Le taux de rendement à deux ans des obligations de ce pays a dépassé à la fin du mois d’avril le chiffre insensé de 25%.

Les aides au sein de la zone euro ont fragilisé l’ensemble du dispositif. Elles constituent un palliatif pour les pays aidés dans le même temps qu’elles rendent plus vulnérable les pays qui prêtent. La France est engagée si nécessaire à prêter à la Grèce 18,8 milliard d’euros. Faute d’avoir cette disponibilité, elle devra elle-même emprunter la somme sur le marché international. La situation financière des pays de la zone euro porte en germe une situation de faillite enchaînée où l’effondrement de l’un entraîne par vagues successives la chute des autres. Si on veut regarder la réalité en face, la zone euro repose pratiquement sur la seule Allemagne qui porte l’ensemble du système européen à bout de bras.

L’Allemagne paiera disait-on naguère dans l’entre-deux-guerres. Combien de temps l’Allemagne paiera-t-elle encore ? Et combien de temps, les autres pays européens qui ont accepté un système monétaire qui finalement n’est adapté qu’à la seule Allemagne toléreront-ils de vivre au rythme des diktats allemands ? Une chose est certaine, plus l’euro durera et plus les européens s’appauvriront au regard du reste du monde. La monnaie unique qui procède des illusions politiques et non des exigences économiques constitue une lourde erreur. Rien n’est pire que de persister dans l’erreur.

(1) Le Figaro 28 avril 2010.

mardi 12 avril 2011

~ Le programme du Parti Socialiste ou la tentation du pire ~

Le programme du parti socialiste s’ouvre par l’étalage d’une belle sottise : « L’avenir aime la France ». N’en déplaise aux laborieux rédacteurs de ce pesant document, l’avenir n’aime ou ne déteste personne ; il se construit.

Les mots ont leur importance ; c’est par les mots que s’exprime ou se cache la réalité. Le mot inlassablement répété dans le programme du parti socialiste est NOUS. Quelle est l’entité derrière ce nous : c’est le parti socialiste lui-même qui campant solitaire et tout puissant, un peu à la manière du parti communiste dans l’ancienne république des soviets, entend transformer en profondeur la totalité de la société française. J’exagère, direz-vous. A peine. Recensez, si vous en avez le courage et le temps, le nombre de nous et comparez avec la place furtivement accordée aux partenaires sociaux, aux citoyens, quand ils ne sont pas tout simplement oubliés. « En 2012, nous inventerons des relations nouvelles dans l’entreprise par une véritable démocratie sociale ». Le PS prétend tout simplement faire la loi dans les entreprises.

Ce culte du nous qui est en fait un culte du moi socialiste conduit parfois à des bévues. Ainsi peut-on lire : « Nous proposerons à l’OMC ». Les experts du parti socialiste semblent oublier que la France, hélas, ne siège pas à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) puisque la législation sur les échanges extérieurs relève de l’Union Européenne qui représente la France comme d’ailleurs tous les autres pays de l’Union dans cette institution internationale. Autant dire que la proposition socialiste n’a guère de chance d’être entendue. Nous avons droit à quelques beaux simplismes du genre : « La disparition de la monnaie unique prônée par l’extrême droite aboutirait à coup sûr à un effondrement de notre économie, une explosion du chômage et un assèchement total du pouvoir d’achat ». Par cette proclamation sonore, le PS se dispense de rendre compte que l’euro qui est beaucoup son œuvre, non seulement n’a pas rempli ses promesses de prospérité et d’emplois mais est largement responsable des crises qui secouent des pays qui l’ont adopté.

En fait, le parti socialiste apparaît dominé par deux aspirations contradictoires qui rendent compte au-delà de l’unité de façade, de la profonde division du mouvement. Des relents de collectivisme poussent vers le vieux modèle de l’économie administrée. Ainsi évoque-t-on une banque publique d’investissement, des nationalisations « partielles ou temporaires », les moyens de la puissance publique « pour intervenir si nécessaire directement sur l’économie et la société ». Mais il y a aussi la fascination de l’Europe supranationale avec la création d’un impôt européen, « le gouvernement économique de l’Europe que le PS appelle de ses vœux » et l’inclinaison pour le modèle allemand qui « permettra que « en France et en Allemagne, les socialistes parleront d’une même voix ». Et nous savons bien quels seront les dominants et les dominés.

Saluons au passage une vérité : «Le parti socialiste déplore que la laïcité, ce joyau français dans le monde, ce ciment de la paix civile soit affaibli par l’encouragement aux revendications identitaires, communautaires ou religieuses ». C’est fort bien dit. Mais que les socialistes et au premier chef, la première secrétaire veuillent bien donner l’exemple. Quelques dérobades sont significatives. Le PS prône « une politique juste et efficace » en matière d’immigration. Le sujet mériterait des développements et non une formule lapidaire qui donne bonne conscience et ne veut rien dire. Le PS veut rendre aux fonctionnaires leur « fierté ». Nous en sommes très heureux pour eux. Mais ils sont les seuls à avoir droit à cette marque de considération.

Il est une liberté dont le PS ne parle pas. C’est la liberté d’expression, fort malmenée par la législation actuelle. Un mouvement qui développe des tendances totalitaires ne se sent jamais concerné par la liberté d’expression.

lundi 20 décembre 2010

~L'Europe malade de l'euro~

Le septième sommet européen qui s’est tenu à Bruxelles, les 16 et 17 décembre, fut, comme les précédents, consacré à la crise financière. Cette constance du problème suffit à montrer que le mal est à la fois profond et durable. Il paraît bien lointain le temps du rêve idyllique où M. Trichet déclamait ingénument que le Fonds Monétaire International (FMI) n’aurait pas à intervenir en Europe car les pays de l’Union européenne étaient à l’abri d’une crise du fait de l’euro. Aujourd’hui, la crise c’est l’euro et le FMI est appelé à la rescousse.

L’Allemagne dicte sa loi

Avant le sommet européen, Mme Merkel, comme à l’accoutumé, a exposé sa stratégie au Bundestag. Elle a souligné que la monnaie unique profitait tout particulièrement à l’Allemagne. Donc il fallait défendre l’euro. Notre Président de la République n’ayant, semble-t-il, sur ces questions que les idées vagues qu’il faut bien appeler l’ignorance, a immédiatement accepté la thèse de la chancelière allemande. Dans le couple franco-allemand, c’est la femme qui commande.

Et le Conseil européen de poursuivre dans la stratégie qui consiste à essayer de remplir un tonneau sans fond. Le capital de la Banque Centrale Européenne (BCE) est pratiquement doublé ; de 5,76 milliards d’euros, il doit progressivement être porté à 10,76 milliards. Par ailleurs un fonds permanent de secours pour résister aux crises financières doit être mis en place, ce qui nécessite au passage une modification du traité de Lisbonne. Ce fonds que Mme Lagarde qui a décidemment le sens de l’humour qualifie « d’ajustement majeur » a pour objet de rassurer les marchés sur la capacité de résistance de la zone euro ;

Le culte de l’idole

L’Antiquité avait connu le culte des idoles. Cet acharnement à vouloir à tout prix défendre l’euro a quelque chose de pathétique ; les générations futures auront sans doute du mal à comprendre cette vénération enfantine et idolâtre pour un système non seulement inefficace mais malfaisant. Où est-elle la prospérité qui nous était naguère promise par la zone euro ? L’austérité imposée par la crise accule la Grèce aux lisières de la guérilla urbaine. Malgré trois plans de rigueur depuis 2008, et des secours financiers importants du FMI et de l’Union européenne, l’Irlande est enlisée dans un déficit abyssal qui atteint 32% de son PIB. Et l’agence Moody’ vient de baisser de cinq crans sa note. Le Portugal est en crise. L’Espagne vends une partie de ses aéroports et supprime l’allocation de fin de droit que touchaient 700 000 personnes ; le chômage frappe 20% de la population active. L’agence Moody’s vient de placer le pays sous surveillance négative. L’Italie conjugue une croissance faible (1%) et une dette considérable 1900 milliards d’euros.

La France n’est pas épargnée

Depuis le passage à l’euro, la France accuse une perte de compétitivité. L’investissement est poussif. La croissance se situera aux alentours de 1,6%. Mme Lagarde annonce une croissance de 2% pour 2011 ; non seulement elle a le sens de l’humour mais elle rêve.

L’Europe de Bruxelles enfonce chaque jour davantage les pays de l’Union dans uns catastrophe qui leur coûte cher aujourd’hui, et qui, dans peu de temps, leur coûtera très cher. Bref, les pays européens sont placés à un carrefour décisif. Où bien en finir avec l’Europe de Bruxelles. Où bien affronter des révolutions.

Vos commentaires seront appréciés.

lundi 6 décembre 2010

~ La crise toujours recommencée ~

L’Elysée peut bien démentir que la France soit menacée d’une crise financière, Mme Lagarde peut bien tenir de propos rassurants ; la crise est là. Elle a pris naissance sur la périphérie mais elle projette désormais son spectre sur l’ensemble de la zone euro.

Première frappée, le Grèce qui pour rétablir l’équilibre de ses comptes a dû s’installer durablement dans la précarité qui entraine une extension générale de la pauvreté et une progression sans précédent du chômage des jeunes. Aujourd’hui, c’est le tour de l’Irlande qui a déjà subi trois plans de rigueur, depuis 2008, et doit maintenant se soumettre à un plan d’austérité draconien, en contrepartie d’une aide financière de 90 milliards d’euros que lui consentent le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Union Européenne.

On est toujours surpris de constater la facilité avec laquelle les institutions mobilisent des milliards d’euros, dès lors que le système bancaire est menacé, alors que l’on peine au quotidien pour trouver quelques milliers d’euros indispensables pour satisfaire des besoins de première nécessité!

Ces milliards d’euros déversés pour le sauvetage de la Grèce et de l’Irlande sont-ils en mesure d’enrayer la crise ? Il y a de fortes raisons pour en douter. Le système se fissure au Portugal et une grève générale fortement suivie a salué la mise en œuvre d’un plan de rigueur, lancé dans l’urgence pour limiter les effets de la crise. L’Espagne doit emprunter sur le marché international à des taux de plus en plus élevés, ce qui traduit à son égard une réelle suspicion des investisseurs. L’Italie, troisième puissance économique de la zone euro, n’est pas encore touchée. Mais sa croissance faible (1% pour l’année 2010) et le poids considérable de sa dette (180 milliards d’euros) en font une cible de choix pour la spéculation internationale. Cette situation peu brillante est encore assombrie par la menace d’une crise politique qui ébranle la coalition gouvernementale.

La France est-elle à l’abri de ces dérives ? Certes son système bancaire est relativement solide mais l’endettement du pays est élevé et il s’accroit régulièrement. En fait, c’est toute le zone euro qui est aujourd’hui sous tension, comme le constatait la chancelière allemande, Mme Merkel qui affirmait récemment que : « la zone euro est dans une situation extrêmement sérieuse ».

Il faut aujourd’hui dresser le vrai bilan d’une décennie de malheur. La zone euro a été réalisée à contretemps. Dans le monde entier, les zones monétaires ont éclaté. La fragmentation des blocs (ex. l’URSS, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie) a entrainé l’émergence de monnaies nationales. La zone euro a été construite à contresens. Elle est paralysée par des rigidités alors qu’il faudrait de la souplesse. Elle met en hibernation les économies alors qu’il faudrait stimuler le dynamisme et la réactivité. Tout cela, les économistes le savent. Mais il faut aujourd’hui se débarrasser d’une idéologie malfaisante dont le seul objectif fut de réduire le continent européen au rang de satellite de l’Empire américain.

mercredi 11 août 2010

~ NON A L’IMPÔT EUROPEEN ~

L’été confirme une vérité que nous avions énoncée depuis longtemps : la Constitution Européenne, même rebaptisée mini-traité par Nicolas Sarkozy, conduirait inéluctablement à l’impôt européen. Ainsi M. Janusz Landowski, commissaire européen chargé du budget vient-il d’indiquer qu’il envisageait l’introduction d’un impôt dont les recettes alimenteraient directement le budget européen.

Cette nouvelle ne constitue pas une surprise. En dotant l’Union européenne de la personnalité juridique étatique – ce qui l’élève au rang d’un nouvel Etat – la classe politique qui ne brille pas par sa franchise, lui a donné les moyens de créer un nouvel impôt ; ce dernier viendra s’ajouter aux importantes contributions que les Etats membres versent déjà aux instances de Bruxelles. Pour la France, l’Union européenne représente une charge nette (différence entre ce que nous versons et ce que nous recevons) de l’ordre de six milliards d’euros. A ce fardeau, il faudrait ajouter, car elles ne sont pas comptabilisées, les nombreuses heures (qui ont évidemment un coût) que les fonctionnaires français passent à remplir les interminables questionnaires dont les inondent les eurocrates.

Un désastre de grande ampleur

On mesure aujourd’hui l’ampleur du désastre. Alors que l’économie française souffre, comme les autres, de la plus grande récession enregistrée depuis la crise de 1929, alors que les familles modestes vivent un enfer pour équilibrer leur budget, alors que le plan de rigueur va affaiblir un niveau d’emploi médiocre, la charge d’un nouvel impôt prend l’allure d’une calamité. Cette énorme bêtise n’aura qu’un seul résultat : mettre la France et les Français à genoux. Et un impôt européen pourquoi faire ? Payer l’arrogant train de vie de bureaucrates inutiles et une paperasserie dévorante.

Le devoir de résistance

Il ne faut pas nous laisser faire. L’impôt européen est inacceptable aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique. Il faut qu’un puissant mouvement populaire se dresse dans tous le pays pour refuser de manière catégorique ce nouvel abandon de souveraineté nationale. Constituons ensemble ce grand front du refus.

Vive la France libre, indépendante et souveraine

vendredi 16 juillet 2010

~ Sortir de l'Euro ou mourir à petit feu ~

Un livre d’Alain Cotta

La renommée du professeur Alain Cotta est établie depuis longtemps. Il fait partie de ces économistes nombreux qui ont par avance annoncé les effets dévastateurs de l’euro, cette monnaie imposée dans l’Union européenne sans l’assentiment des peuples. Aujourd’hui, dans une tribune libre parue chez Plon, Alain Cotta dresse le bilan de cette décennie (1). L’auteur ne peut évidemment s’empêcher d’évoquer l’édifiant catalogue de promesses non tenues, on devrait presque dire de boniments, pour justifier cette nouvelle unité monétaire. Qu’on en juge : la concurrence serait favorisée par « une référence commune » aux prix dans les pays de la zone euro, assurant aux consommateurs « une offre de qualité croissante » ; l’euro allait également permettre une « gestion saine des finances publiques » qui encouragerait la croissance, faciliterait la modération des impôts, développerait la recherche, l’activité et, bien sûr, l’emploi. D’aucuns voyaient même s’ouvrir les Champs Elysées de la Béatitude avec le triomphe « des valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité » dans le cadre d’une « cohésion nouvelle » affirmée par l’euro.

La crise économique qui est loin d’être terminée a rudement secoué ces esquifs de chimère. Il faut aujourd’hui revenir aux réalités. Demandez à un homme ou à une femme de bon sens, n’ayant pas de connaissance spéciale de l’économie, si l’Allemagne et la Grèce peuvent avoir la même politique économique ; la réponse sera immédiatement NON. C’est portant cette gageure qu’impose l’euro. Face à des économies fortement diversifiées, selon des réalités nationales, l’euro introduit une rigidité terrible en interdisant la variable d’ajustement par les parités monétaires.

Face à la crise qui est la plus forte enregistrée depuis la Grande dépression de 1929, le seul choix qui reste aujourd’hui aux pays européens, c’est une politique de rigueur drastique. C’est celle qui a été imposée à la Grèce. C’est celle que le gouvernement s’apprête à mettre en œuvre en France. Mais ces mesures comportent des inconvénients réels. Comme l’a montré avec talent le professeur Joseph E. Stiglitz qui fut honoré, en 2001, du prix Nobel de l’économie, la politique de rigueur restreint l’activité économique, avec pour conséquence, la montée du chômage qui se situe déjà à un niveau élevé, et la progression de la pauvreté qui s’étend de plus en plus depuis l’introduction de la monnaie unique. Bref l’alternative qui se pose à la France, c’est sortir de l’euro ou mourir à petit feu.

Il faut remercier Alain Cotta d’avoir clairement posé le problème.

1) Alain Cotta Sortir de l’euro ou mourir à petit feu Ed Plon juin 2010. 14,90€

mercredi 5 mai 2010

~ Chers amis grecs, sortez de l'Euro ~

Mes chers amis grecs, l’Europe vous doit beaucoup. C’est sur votre sol qu’ont surgi plusieurs siècles avant notre ère la civilisation et les embryons de la démocratie. Lors de deux guerres mémorables, au 5e siècle avant JC, vous avez résisté victorieusement à l’empereur des Perses, qui voulait asservir vos cités. Au cours de votre longue histoire, vous avez connu des malheurs épouvantables. Pendant plusieurs siècles vous avez subi l’occupation ottomane et vous avez lutté dur pour préserver votre identité. Vous avez une nouvelle fois fait preuve d’un héroïsme admirable, en 1941, lorsque l’Italie fasciste, puis l’Allemagne hitlérienne vous ont agressé. Votre résistance acharnée a retardé de plusieurs semaines l’invasion programmée de l’Union soviétique par les troupes du Führer, et ce retard a eu des répercussions heureuses sur l’issue du Second Conflit mondial.

Un passage douteux à l’euro

Le 1er janvier 1984, vous avez rejoint la Communauté Européenne où vous pensiez que vous aviez légitimement votre place, par votre géographie et votre histoire. A la suite du traité de Maastricht, vous avez choisi, comme onze autres pays, le passage à la monnaie unique, l’euro, en janvier 1999. L’affaire n’était pas évidente. Soyons francs, chers amis, vous avez manipulé vos comptes pour faire accroire que vous répondiez aux critères du passage à l’euro, alors que ce n’était pas les cas. Vous avez eu tort de vous livrer à cet exercice dangereux, et vous vous en rendez compte aujourd’hui. A votre décharge, je note que vous ne portiez pas seuls la responsabilité de cette manipulation. A Bruxelles en effet, les hauts responsables de l’Union européenne ont fermé les yeux pour pouvoir comptabiliser le maximum de pays dans la zone euro. Quitte à jouer, quelques années plus tard, les dignités offusquées, en feignant de découvrir une réalité qu’ils connaissaient parfaitement.

Avec légèreté, vous vous êtes donc lancés dans l’aventure de l’euro. Vous avez cru au discours répété des sommités de Bruxelles que l’euro allait créer une vaste une vaste zone de croissance et d’emplois. Vous avez cru que l’euro vous protégerait ; vous avez cru également à la solidarité des pays de la zone. Chers amis, parce que vous êtes bons, vous avez été naïfs. Vous constatez aujourd’hui que la zone euro est un espace de basse croissance et de chômage élevé ; vous réalisez également que l’euro ne vous protège pas. Et vous prenez conscience de la situation humiliante dans laquelle vous êtes. Les commissaires européens vous toisent. Et la considération dont vous honore la Chancelière allemande, Mme Merkel n’est pas supérieure à celle que portait naguère l’empereur d’Allemagne à un paysan de Poméranie.

Retrouver sa souveraineté

Bien sûr, un plan de sauvetage sans précédent vous a finalement été consenti : cent- dix milliards d’euros, pris en charge pour quatre-vingt milliards par la zone euro et pour vingt milliards par le Fonds monétaire international (FMI). Mais ce plan ne vous a pas été accordé au nom de la solidarité, mais par la crainte que la situation de la Grèce ne fragilise davantage une zone qui déjà se fissure. Est-ce que cette aide vous permettra de rétablir votre situation financière ? C’est très douteux. Ces prêts malgré leurs taux préférentiels viendront accroître votre dette déjà trop lourde (trois cent milliards d’euros). Les mesures de retour à l’équilibre que vous impose Bruxelles sont tellement draconiennes qu’elles accroîtront les maux dont souffre votre économie. Le plan permettra-t-il au moins de sauver la zone euro ? Rien n’est moins sûr. Cette zone monétaire n’a pas de cohérence économique, et il est absurde de soumettre aux mêmes règles des pays aux structures disparates. Après vous, d’autres pays connaîtront les mêmes crises. Le Portugal est déjà menacé et d’autres ne sont pas loin de l’être.
Vous constatez aujourd’hui que l’euro est un piège. En perdant votre monnaie, vous avez perdu un élément d’ajustement en cas de crise. De ce fait, la crise devient encore plus grave. Soyons clairs, l’euro qui vous a plongé dans la crise vous empêche d’en sortir. Vous ne pourrez trouver de solution à vos problèmes qu’en retrouvant votre souveraineté, c’est-à-dire votre monnaie qui vous permettra d’adopter une politique monétaire adaptée aux besoins de votre économie. Il faut donc au plus vite vous dégager de la zone euro. Cette audace, chers amis, peut vous effrayer. Mais rassurez-vous, vous ne resterez pas longtemps seuls, car vous serez rapidement rejoints par d’autres pays qui sont dans une situation analogue à la vôtre. Et vous rendrez, de nouveau, un grand service à tous les pays d’Europe, en rappelant ce grand principe, hélas oublié, que chaque peuple doit rester maître de sa monnaie.